Dolor
Mon verre est plein, d’un
vin trembleur, comme la flamme.
D’entendre, ce
soir, la chanson lente et triste de ce batelier,
Qui me raconte l’avoir
vu, sous la lune, cette fée faite femme,
Tordre ses cheveux blonds
et longs, mouillés jusqu’à ses pieds.
Amis,
Allez, chantez plus fort,
et, dansez-moi une ronde.
Que je n’entende plus, le
chant de ce marinier,
me dire d’aller
retrouver, cette sirène blonde,
Au regard pénétrant, aux
nattes dénouées.
Mon Rhône s’enivre, là,
où les vignes se mirent.
Et la nuit, profonde,
vient, chaque soir, s’y refléter.
Il me faut boire, puisque
je ne peux plus m’endormir,
de peur, d’être, au fond
des flots, par elle, emporté.
Amis,
Allez, chantez plus fort,
et, dansez-moi une ronde.
Que je n’entende plus, le
chant de ce marinier,
me dire d’aller
retrouver, cette sirène blonde,
Au regard pénétrant, aux
nattes dénouées.
Près de mon château, je
m’accroche aux rochers.
Mais, sa voix chante
toujours, en un râle à faire frémir.
Ma conscience, dans un
éclat de verre, s’est brisé.
Je vais la retrouver,
car, ce soir, il me faut partir.
Vivants,
Ne chantez plus si fort,
et, arrêtez votre ronde.
Que j’entende mieux
encore, le chant de ce marinier,
me dire que, enfin, j’ai
trouvé, cette sirène blonde,
Au regard pénétrant, aux nattes
dénouées.
Ferny
(Vague à l'âme)
Titre: Dolor
Sculpture sur toile
Technique mixte
45x110 cm
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